Le système électrique


 

 

4 - La bougie

La bougie est l'élément du système d'allumage qui fait jaillir l'étincelle dans la chambre d'explosion des moteurs à combustion interne. La bougie doit conduire le courant à haute tension et le décharger sous forme d'étincelle pour enflammer le mélange air-essence.

4.1 - L’isolant

L'isolant a deux fonctions : 1- Assurer l'acheminement de la haute tension le long de l'électrode centrale en évitant sa dispersion (pour obtenir ceci, l'isolant doit empêcher la dispersion du courant électrique au-delà de 30 000 V, à des températures comprises entre - 46 °C et + 930 °C); 2- Être un bon conducteur de chaleur de manière à dissiper la chaleur produite par la combustion, laquelle pourrait endommager l'électrode, et avoir un coefficient de dilatation permettant une dilatation uniforme des éléments de la bougie.

Enfin, en dehors de ses qualités d'isolation électrique et thermique, l'isolant doit présenter une résistance mécanique importante, capable de supporter les pressions de la chambre d'explosion (environ 60 atm). Il doit posséder une résistance élevée aux effets des divers additifs du carburant et être capable de supporter, sans risque de fêlure ou de rupture, d'importantes variations de température. Les isolants des meilleures marques résistent aux plus sévères écarts thermiques (de - 75 °C en glace sèche, à la chaleur rouge en quelques secondes) sans perdre de leur dureté (environ 9 de l'échelle de Mohs, la dureté du diamant est de 20).

Les matériaux les plus souvent employés pour la fabrication des isolants et qui en général, satisfont les conditions requises sont : la sillimanite d'alumine pure ou en alliage, la stéatite et la mullite (composé d'alumine et de sillimanite). Le culot de la bougie est en acier au souffre (à teneur moyenne de carbone) et au manganèse.

Coupe d’une bougie conventionnelle

4.2 - Le degré thermique de la bougie

Le degré thermique d'une bougie caractérise sa capacité de transmettre la chaleur depuis le bec de l'isolant jusqu'au système de refroidissement. La quantité de chaleur transmise dépend principalement de la distance que doit parcourir la chaleur pour rejoindre la culasse du moteur et par conséquent, le système de refroidissement.

On appelle bougie froide, une bougie qui, par rapport aux autres, possède un bec d'isolant relativement court et transmet très rapidement la chaleur au système de refroidissement du moteur. Ce type de bougie est employé pour éviter la surchauffe des moteurs poussés. La bougie chaude, au contraire, possède un bec d'isolant beaucoup plus long qui transmet la chaleur à l'extérieur beaucoup plus lentement.

4.3 - Le choix de la bougie

Les données sur l'application des bougies fournies par les fabricants se référent généralement aux moteurs marchant à l'essence. Toutefois, de nombreux moteurs peuvent être adaptés ou modifiés pour fonctionner au kérosène, au gaz de pétrole liquéfié, au gaz naturel (méthane) ou avec une combinaison de ces carburants.

La modification consiste souvent à changer seulement le carburant ou à introduire des appareillages spéciaux destinés, dans le cas de gaz comprimés, à assurer la fonction de réducteurs de pression. En tout cas, il est nécessaire de faire varier le degré thermique de la bougie et la distance entre les électrodes.

4.4 - Les dépôts

Des dépôts de toutes sortes se constituent dans la chambre de combustion du moteur et sur les bougies. Ces dépôts présentent des caractéristiques propres de résistance électrique et de température. Le tableau suivant montre différents types de dépôts et d’usures.

Conditions normales
Dépôts brun clair ou gris. Fonctionnement correct du moteur et du système d'allumage, degré thermique convenable.

Dépôts carbonés
Usage prolongé du starter, allumage faible ou retardé, compression basse, bougie trop froide.

Surchauffe
Isolant blanc et usure excessive des électrodes. Avance excessive, mélange trop pauvre, bougie trop "chaude".

Préallumage
Électrodes fondues, préallumage, allumage inductif, bougies mal serrées, mauvaise fermeture de soupape, bougie trop"chaude".

Encrassement
Problème d'huile, manque d'efficacité des guides de soupapes ou des segments. Si le cas touche toutes les bougies : usure générale du moteur.

Dépôts d'additifs
Dépôts épais mais fragiles dû aux carburants modernes. Pas de solution, remplacer tout de même ces bougies.

Détonation
Isolant cassé, carburant à trop faible indice d'octane, mauvaise avance, induction entre les câbles de bougies trop serrées.

Choc
Isolant cassé, fêlures pour raisons mécaniques, manque de précaution dans le réglage des électrodes.

4.5 - L’allumage

Le calage de l'allumage est le facteur qui influence essentiellement la température de fonctionnement de la bougie et sa durée. Il ne faut donc pas oublier que la courbe d'avance du delco doit être maintenue dans des limites établies par le fabricant.

Augmenter l'avance est une méthode qui est souvent employée pour majorer la puissance moteur. Dans des conditions données, un petit accroissement de puissance est cependant suivi d'une augmentation considérable de la température dans la chambre de combustion, accompagnée d'une surchauffe des bougies et d'un risque de préallumage.

En général, le préallumage se manifeste lorsque des dépôts de la combustion, concentrés dans la chambre, sur les soupapes ou sur une bougie surchauffée, atteignent une température capable d'enflammer le mélange air-carburant avant que jaillisse l'étincelle.

4.6 - Les défauts de carburation

Une carburation trop pauvre provoque une augmentation de la température des bougies, par contre, une carburation trop riche entraîne un effet contraire.
Dans ce cas, l'abaissement de la température de fonctionnement amène la formation et l'accroissement de dépôts de carbone noirs et fuligineux sur la pointe de l'isolant. Par ailleurs, aux bas régimes du moteur, la température peut s'abaisser au point d'empêcher le fonctionnement du moteur et, par conséquent, l'élimination des dépôts qui se forment. Ces divers facteurs peuvent provoquer des ratés d'allumage.

Notons que, même avec des bougies correctement montées et avec le degré thermique préconisé, un mélange trop riche peut néanmoins provoquer quelques inconvénients de fonctionnement. Avec les moteurs modernes, il est conseillé de conduire sans maintenir des régimes trop faibles. Lorsqu'une ou plusieurs bougies ont tendance à s'encrasser en raison d'un mélange trop riche, il convient d'effecteur de temps à autre une brève «reprise» à haut régime.

5 - Le démarreur

Le démarreur est un moteur électrique auxiliaire alimenté par la batterie d'accumulateurs et destiné à lancer un moteur à combustion interne pour lui permettre de démarrer.

Ce dernier ne pouvant démarrer par lui-même comme le moteur à vapeur, un régime de rotation suffisant doit lui être imprimé pour alimenter les cylindres. Le couple à transmettre par le démarreur dépend des forces de frottement, du rapport volumétrique du moteur, du nombre de cylindres et de la température ambiante.

Longtemps, le démarrage des voitures de course privées de démarreur électrique, s'effectua grâce à un appareil auxiliaire pneumatique ou électrique. C’est encore le cas en Formule 1.

Sur les voitures modernes, le démarreur électrique universellement adopté est à courant continu et à deux phases. Il est conçu comme la dynamo (le moteur à courant continu a un fonctionnement réversible : il est générateur lorsqu'on lui fournit de l'énergie mécanique; ou moteur électrique quand il en reçoit). La seule différence est dans le type d'excitation qui est en série.

Démarreur

Cette caractéristique est nécessaire pour que le démarreur fournisse un couple maximal à une vitesse de rotation très basse. Le couple de lancement au départ est en effet très important. La puissance du démarreur est calculée en fonction du couple résistant moyen et du régime de démarrage à basse température. Ensuite, il faut déterminer la capacité de la batterie, qui doit être suffisante pour permettre un nombre satisfaisant de démarrages à une température d'environ 20°C.

La section des câbles d'alimentation du démarreur est calculée en fonction de sa puissance. Il faut éviter des chutes de tension le long des câbles (dans ce but, le démarreur doit être placé le plus près possible de la batterie) et leur échauffement. Le démarreur électrique fournissant sa puissance maximale à 2000 tr/mn (c'est-à-dire à un régime supérieur au régime de démarrage du moteur), on intercale donc un réducteur.

Le rapport de réduction couronne-volant varie de 1/8 à 1/15 selon le moteur. Pour éviter l'entraînement du démarreur après la mise en route du moteur, son pignon est monté sur une roue libre. Lorsque l'alimentation est interrompue, le désengagement du pignon est automatique.

Les systèmes d'engagement les plus utilisés sont :

  • Automatique, à commande par vis sans fin (type Bendix);
  • Mécanique, par poussoir (levier actionné à la main ou par une pédale);
  • Électromagnétique (électro-aimant poussant le pignon sur la couronne, enclenché par le contact d'allumage).

En ce qui concerne la mise en action du démarreur, il est recommandé de ne pas l'actionner plus de vingt secondes sans interruption, et un intervalle est nécessaire entre chaque tentative pour le refroidissement. La commande doit être lâchée dés que le moteur tourne.

Enfin, pour ne pas détériorer les dents, le démarreur ne doit jamais être actionné tant que le pignon n'est pas immobilisé.

Notions Lexique
Page précédente Page d'accueil Technique Page suivante